Démarche et réflexions …

Formé à l’Ecole Militaire de Haute Montagne de Chamonix, chasseur alpin à Chambéry, puis formateur dans un centre montagne des Pyrénées, et enfin secouriste en montagne. Je suis moniteur de ski et accompagnateur en moyenne montagne.
J’ai commencé à peindre dans ma jeunesse. Ma formation de dessinateur industriel m’a aidé dans la vision et la compréhension des formes dans l’espace. J’ai également suivi des cours, pendant 12 ans, sous la forme d’atelier tout public, dispensés par l’Ecole des Beaux-arts de Grenoble.

Mon parcours de montagnard m’a amené à composer par une vision personnelle, les paysages principalement ceux de montagne. La nature a toujours été une source d’inspiration pour les artistes elle est pour moi en plus la continuité de ma passion sportive de la nature et de la montagne en particulier.

La montagne apparaît dans sa pureté originelle. Elle est à l’état brut, dépouillée, primitive, sans artifices et sans présence humaine. Seuls les éléments fondamentaux de sa géologie la roche, la glace et la neige y sont présents. Ces éléments représentent l’immortalité et l’infini des choses. 

Je recherche avant tout une image énergique et épurée, alliant la sobriété à l’esthétisme dans la composition, les formes les couleurs. Cette approche de la simplicité et du dépouillement dans ma peinture s’est effectué progressivement, et comme le montagnard économise ses forces avec pour seul but le sommet, je concentre mes efforts vers l’obtention de l’image recherchée. Je pense qu’une profusion de couleurs peut entraîner une certaine dissipation et éparpillement du regard sur la toile. J’utilise donc une gamme de couleur restreinte parfois presque monochrome, et tout particulièrement dans les tonalités de bleu qui permettent une meilleure concentration et lecture du tableau et doivent amener l’observateur à une réflexion plus profonde, à la contemplation, à la méditation.

La fidélité et l’exactitude au modèle ne sont pas des composantes de mon travail et de ma réflexion, ni dans le dessin ni dans la couleur. L’image créée doit avant tout être belle, harmonieuse, équilibrée, émotionnelle et personnelle. Elle doit se suffire à elle-même en tant que transcription de ma vision et de ma sensibilité. 

Je ne peins pas des montagnes, je peins une certaine idée de la montagne entre réalité et métaphore, comme une opportunité au rêve et à l’évasion.

Je dépeins un univers où la nature affiche sa force parfois en proie aux tempêtes, aux orages. Cette puissance, cette énergie qui quelquefois peut être destructrice, est aussi créatrice de beauté et d’images fantastiques. Ce spectacle des forces de la nature, des catastrophes naturelles même les plus dévastatrices peut provoquer une émotion esthétique puissante très différente de la simple contemplation de la beauté, Burke et Kant parlent du sublime.

Pour moi, les critères fondamentaux d’une œuvre d’art sont la beauté et l’émotion qui s’en dégage et ces deux axes orientent constamment mon travail. Le premier est la recherche du beau et de l’harmonie dont je reste persuadé qu’ils sont des concepts universels et intemporels de la créativité. La beauté peut être dégagée par la composition, le trait, la couleur, la puissance évocatrice de l’œuvre. L’originalité ne peut pas être le seul élément à prendre en compte. Le second est l’exploration d’une interprétation plus symbolique, plus spirituelle, puisqu’il est indéniable qu’une œuvre d’art doit toucher l’esprit et l’âme et amener le spectateur à la réflexion à la méditation.

Je ne recherche pas une peinture qui soit délibérément figurative ou bien au contraire résolument abstraite pour être dans cette forme d’art contemporain tellement omniprésent aujourd’hui. Je peins avant tout comme je ressens sans concessions ni compromis sans me référer aux courants ni aux modes. Je peins ce que je crois être ma vérité.

C’est un hymne à la verticalité et à l’élévation. En effet, ces deux notions font le lien entre la terre et les cieux et symbolise donc l’élévation spirituelle. Les verticales dans mes tableaux qu’elles sortent de la terre ou de la mer sont autant de tentatives de s’extraire de la pesanteur et de l’aspiration de l’esprit à trouver sa dimension céleste. Le regard toujours orienté vers le haut entraîne inéluctablement à la transcendance de l’esprit sur la matière.

Le parallèle est étroit entre la conquête du sommet sous un aspect sportif ou aventureux et la recherche de sa propre élévation morale, spirituelle, intellectuelle. Le cheminement qui mène vers le sommet qu’il soit physique, philosophique ou artistique s’apparente à une quête d’identité et d’absolu.